08/02/2018 – CONFÉRENCE « Radicalisation djihadiste de la jeunesse, aller à la racine du problème »

Organisée par l’association A MOTS OUVERTS

Médiation, Information, Communication, Formation, Animation

CONFÉRENCE Animée par Michel FIZE, sociologue

JEUDI 08 FÉVRIER 2018 de 14H00 à 17H00

"Radicalisation djihadiste de la jeunesse,

aller à la racine du problème"

UDAF 13, 143 Avenue des Chutes Lavie, 13013 MARSEILLE

«  Radicalisation », le monde politique et les médias n’ont désormais que ce mot à la bouche. Impossible de « raisonner » les violences extrêmes avec d’autres mots.

Qu’entend-on au juste par « radicalisation » ? L’étymologie nous renvoie au mot « racines », le dictionnaire de la langue française associe aussi à ce mot des mots parents comme « radical » ou « radicalité ». C’est dire combien nombre de choses peuvent être radicales et/ou conduire à de la radicalisation : une parole, une attitude.

Évoquons aujourd’hui la radicalisation djihadiste chez les jeunes, la plus « populaire » des radicalisations. QUI sont les djihadistes français ? Des mineurs parfois, des filles aussi. Des jeunes majeurs cependant, la plupart du temps. QUELLE est leur origine sociale ? La majorité, sinon la presque totalité, est d’origine maghrébine ou de confession musulmane (par conversion quelquefois), même si l’on peut trouver parfois quelques jeunes (ou pas) de milieux favorisés ou cultivés. Des jeunes pour la plupart en situation d’échec scolaire et de rupture familiale, même si l’on peut trouver parfois quelques jeunes normalement voire brillamment scolarisés. Des jeunes issus ou non de la petite délinquance, faisant partie parfois de fratries entières. QUELLE PLACE occupe ces jeunes dans notre société ? Outre des situations familiales et scolaires compliquées, de nombreux djihadistes sont déconnectés de notre monde, du travail, des responsabilités, éloignés de leur propre sphère familiale (parentale). C’est dire combien le djihadisme français est en grande partie le résultat de nos échecs familiaux, scolaires, professionnels, et de l’impuissance du politique à les résoudre. La radicalisation djihadiste est enfin l’expression d’un sentiment de vide, et d’abord de sens – de la vie notamment -, d’un sentiment de non-reconnaissance sociale, d’une impression souvent justifiée de ne pas être admis dans la communauté nationale, de n’avoir aucune identité (positive) à faire valoir. Le mécanisme de la radicalisation est puissant. Ce qui rend les réponses difficiles.